L’information et le renseignement par Internet

L’information et le renseignement par Internet

Internet, l’une des inventions les plus révolutionnaires de ces dernières années, a bouleversé notre approche du renseignement et notre rapport à l’information. Les différentes plates-formes offertes par le réseau se révèlent à la fois sources d’information, de manipulation, de promotion ou encore de déstabilisation. Si les plus aguerris sauront sans doute gérer les attaques perfides d’ennemis devenus volatiles, les plus naïfs paieront cher leurs innocentes publications sur les détails de leur vie intime disséminés sur les réseaux sociaux et autres blogs…
Comment les moteurs de recherche fonctionnent-ils ? Que gardent-ils de nos requêtes ? Est-il possible d’identifier un internaute en combinant l’ensemble de ses recherches ? Qui remplit le Web ? D’où vient l’information et est-elle fiable ? C’est à ces questions devenues incontournables que cet ouvrage se propose de répondre.
Voici donc un petit ouvrage bien ficelé qui permet de faire le point sur le sujet tout en évitant le sensationnel journalistique qu’on rencontre trop souvent. De même, on appréciera beaucoup que le livre ne soit pas le condensé d’un grand bouquin, réduit au format des 124 pages de la collection : on sent au contraire que l’auteur a écrit un livre cohérent. Il s’agit en effet d’interroger cette notion d’information qui est aujourd’hui l’alfa et l’oméga de toutes nos conversations,et qui pourtant est peu questionnée.
On apprend ainsi l’histoire des web 2.0 (car j’ai découvert qu’en quelque sorte, il y avait plusieurs générations de réseaux sociaux) mais aussi les différents types de veille et l’émergence de l’e-réputation. Surtout, l’auteur montre que la question de l’accès à l’information est compliquée par la manipulation de cette information, ou encore que l’information affecte l’identité, qui devient une identité numérique parallèle à l’identité réelle : non seulement elle ne disparaît pas, mais elle peut de plus être manipulée. On appréciera, en passant, la critique des moteurs de recherche usuels, fondés sur des algorithmes de popularité finalement peu fiables, surtout quand on sait que l’internaute lambda se contente, la plupart du temps, des deux premières pages…..
Au fond, toutes ces questions renvoient à la « vérité » : si on sait depuis longtemps que l’information peut-être mensongère, et que son traitement fait l’objet de manipulations, on a moins conscience que l’information « anonyme et statistique », n’est pas forcément « pertinente ».
C’est ici que le titre du QSJ prend tout son sens : la question n’est pas celle de l’information, notion floue et finalement inefficace : la vraie question est celle du « renseignement », une information validée, orientée, interprétée, et donc utile. Il existe bien sûr des outils pour cela : on comprend surtout que les outils ne suffisent pas, et qu’il faut un diagnostic pour savoir ce que l’on cherche. L’information répond à un besoin préalable et identifié.